Le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) a émis de nouvelles recommandations en mars 2026 (avis n°9905) concernant la vaccination contre le virus du chikungunya. Pour en savoir plus sur ces nouvelles recommandations, il est possible de consulter l’avis complet en consultant le site web du CSS (en anglais seulement).
Qu’est-ce que le virus chikungunya ?
Le chikungunya est une maladie virale transmise par les moustiques et causée par le virus chikungunya (CHIKV), un virus ç ARN appartenant au genre Alphavirus de la famille des Togaviridae. Le nom « chikungunya » provient d’un mot de la langue kimakonde, parlée dans le sud de la Tanzanie, qui signifie « se contorsionner » et décrit l’apparence voûtée des personnes atteintes souffrant de douleurs articulaires.
Comment attrape-t-on le virus Chikugunya?
Le virus chikungunya est transmis à l’homme par les moustiques tigres femelles infectées, principalement les moustiques Aedes aegypti et Aedes albopictus (moustique tigre). Ce phénomène est appelé la transmission vectorielle. Les maladies vectorielles sont des maladies infectieuses causées par des bactéries, des parasites ou des virus, qui sont transmises par des arthropodes (moustiques, tiques, etc.) infectés.
Ces deux espèces peuvent également transmettre d’autres virus transmis par les moustiques, notamment les virus de la dengue, de la fièvre jaune et du Zika. Elles piquent tout au long de la journée, avec des pics d’activité tôt le matin et en fin d’après-midi.
Outre la transmission vectorielle, d’autres modes de transmission du chikungunya ont été identifiées : la transmission par voie sanguine entre le personnel de laboratoire et les professionnels de santé, et la transmission mère-enfant, principalement pendant l’accouchement.
Où peut-on attraper le virus du chikungunya ?
Le chikungunya touche principalement les régions tropicales et subtropicales. Un impact sanitaire (charge de morbidité) important est observé en Amérique centrale et du Sud, en Afrique et en Asie du Sud Est. Le virus se manifeste souvent sous la forme de vastes épidémies accompagnées de taux de contamination élevés. Les êtres humains sont considérés comme le principal réservoir du chikungunya en milieu urbain et pendant les périodes épidémiques.
Le chikungunya n’est pas endémique en Europe, et la majorité des cas sont importés par des voyageurs infectés dans des zones endémiques. Lorsque les conditions environnementales sont favorables dans les zones où Aedes albopictus est établi, une transmission locale du virus peut se produire.
Quelles sont les personnes les plus à risque d’attraper le chikungunya ?
Les personnes qui voyagent dans des régions où le chikungunya est endémique ou qui connaissent des épidémies sont exposés à un risque d’infection plus important. Ce risque est à son plus haut dans les zones où des épidémies de chikungunya sont en cours, lesquelles surviennent généralement pendant la saison des pluies tropicales et s’atténuent pendant la saison sèche. Les personnes qui pratiquent des activités de plein air telles que la randonnée, le camping ou le tourisme rural, sont particulièrement exposées.
Les personnes travaillant dans des laboratoires de recherche et qui manipulent des échantillons du chikungunya sont davantage exposées et donc plus à risque.
Quel est le temps d’incubation de la maladie ?
La maladie peut parfois être asymptomatique, ou bien provoquer différents symptômes quelques jours, voire jusqu’à deux semaines après la transmission du virus par le moustique. L’infection naturelle par le virus chikungunya est considérée comme donnant une immunité à vie (« immunité acquise »).
Qu’est-ce qui caractérise la maladie ? Quels en sont les symptômes ?
Après un délai d’incubation moyen de 3 jours (variant de 1 à 14 jours), la maladie se caractérise par une apparition soudaine de fièvre souvent accompagnée de douleurs articulaires sévères. Celles-ci concernent principalement les poignets, les doigts, les chevilles, les pieds, les genoux et, plus rarement, les hanches ou les épaules.
A cette atteinte des articulations s’ajoutent fréquemment des maux de tête accompagnés de douleurs musculaires importantes, une éruption cutanée rouge et tachetée au niveau du tronc et des membres, une conjonctivite, ou encore une inflammation d’un ou plusieurs ganglions lymphatiques cervicaux. Des saignements des gencives ou du nez ont également été décrits. Les symptômes aigus du chikungunya disparaissent généralement en 7 à 10 jours. La fièvre dure généralement moins d’une semaine et peut présenter deux phases.
La plupart des personnes se remettent complètement de l’infection. Cependant, des cas occasionnels de complications oculaires, cardiaques et neurologiques ont été signalés dans le cadre d’infections par le chikungunya.
Environ 3 % à 28 % des personnes infectées par le virus du chikungunya ne présenteront aucun symptôme.
Quelles sont les personnes les plus à risque de développer une forme grave ?
Les personnes les plus à risque de développer une forme sévère sont les nourrissons, les adultes âgés de 65 ans et plus et les personnes atteintes de maladies chroniques (hypertension, diabète et obésité).
Quelles sont les complications éventuelles dues à la maladie ?
Les complications graves et les décès sont rares, mais ont été signalés lors d’épidémies de chikungunya. Ils surviennent plus fréquemment chez les personnes de plus de 65 ans et chez celles présentant des problèmes de santé chroniques sous-jacents (par exemple, le diabète et les maladies cardiovasculaires).
Existe-t-il un traitement contre le virus chikungunya ?
Il n’existe pas de traitement spécifique.
Que faire en cas de contact avec une personne infectée ?
Aucune transmission directe de personne à personne n’est possible.
Quelles sont les mesures préventives à suivre lors d’un voyage dans une zone endémique?
Il est conseillé de veiller à se protéger contre les piqûres d’insectes pendant un voyage dans une zone où le moustique du genre Aedes est endémique.
Différentes mesures préventives peuvent être suivies pour réduire le risque de piqûre, comme le port de vêtements qui couvrent les bras, les jambes et les pieds ou encore, le port de vêtements imprégnés d’insecticide. Pour connaître toutes les mesures barrière importantes, consultez le site web de santé pour les voyageurs – Wanda .
Que faire si je constate en Belgique la présence du moustique tigre ?
Sciensano (Institut national de santé publique) met à disposition une plateforme citoyenne pour la surveillance et le signalement du moustique tigre en Belgique. Le projet a pour objectif de surveiller l’introduction des moustiques exotiques du genre Aedes, tel que le moustique tigre, en Belgique. Il est possible de connaître les modalités de signalement du moustique tigre via le site web dédié .