Méningites, pneumonies et septicémies à pneumocoque

Le pneumocoque occasionne divers types d’infections qui envahissent l’organisme, tels que des méningites, des pneumonies ou des septicémies. Les méningites sont la forme la plus grave de ces infections : 10% des enfants atteints en meurent et un tiers en gardent des séquelles sévères. Le pneumocoque est la première cause de méningite chez l’enfant et chez l’adulte.

Le pneumocoque peut être présent au niveau de la bouche, du nez et du pharynx sans pour autant rendre malade : 5 à 25% de la population sont porteurs de la bactérie sans avoir de symptômes.

Vaccination contre les infections à pneumocoque

La vaccination contre le pneumocoque est recommandée à tous les enfants entre 2 mois et 2 ans, à certaines populations à risque et certaines catégories de métiers.

Les très jeunes enfants et les personnes âgées sont plus particulièrement exposés.

Deux tiers des septicémies surviennent chez des personnes de plus de 50 ans, avec une augmentation nette des cas chez les plus de 60 ans.

En raison de la fréquence et de la gravité des septicémies à pneumocoque après 50 et surtout 60 ans, on recommande un usage assez étendu du vaccin contre le pneumocoque chez l’adulte. En effet, un accroissement de la résistance du pneumocoque aux antibiotiques a été observé dans plusieurs pays européens, ce qui rend le traitement de la maladie plus difficile.

La vaccination est donc conseillée aux adultes :

  • Qui présentent un risque accru d’infection pneumococcique, par exemple parce que leurs défenses immunitaires sont affaiblies
  • Aux patients qui souffrent déjà d’une affection chronique : maladie du cœur, des poumons, des reins, du foie…
  • Aux personnes en bonne santé ayant dépassé les 65 ans

Avant les années 2000, seuls étaient disponibles des vaccins constitués d’un mélange des 23 souches les plus importantes du pneumocoque. Destinés aux adultes, ils ne protègent pas les enfants de moins de 2 ans.

En 2004, un vaccin conjugué a été mis sur le marché. Ce vaccin heptavalent permettait une protection des enfants entre 2 mois et 2 ans contre les 7 souches pneumococciques les plus répandues et les plus résistantes.

Depuis 2010, deux autres vaccins sont disponibles : l’un protège contre 10 souches, l’autre contre 13 souches.

Comment est administré le vaccin ?

Le vaccin contre les infections à pneumocoque est un vaccin injectable. Selon les marques, il est administré par voie intramusculaire ou par voie sous-cutanée.

Bébés

Le calendrier vaccinal recommande l’administration d’une dose :

  • à 2 mois
  • à 4 mois
  • une dose de rappel à 12 mois

Soit un total de 3 doses.

Enfants

Il existe aussi des schémas de vaccination particuliers pour protéger les enfants plus âgés à risque accru d’infections invasives à pneumocoque. Il s’agit :

  • D’enfants dont les défenses immunitaires sont affaiblies par certaines maladies ou certains traitements
  • D’enfants atteints de pathologies chroniques telles que maladies cardiaques, maladies pulmonaires, diabète…

Adultes

La vaccination des adultes consiste en l’administration en 2 doses du vaccin conjugué 13-valent ou du vaccin polysaccharidique 23-valent, à 8 semaines d’intervalle. Si l’adulte a déjà été vacciné avec le vaccin 23-valent, on respectera un an d’intervalle avant toute injection du vaccin 13-valent.

Eventuellement, la vaccination peut être effectuée le même jour que celle de la grippe. On réalisera alors les injections à deux endroits différents.

Rappels de vaccination

Il est conseillé, pour les personnes présentant un risque accru d’infections à pneumocoque, les personnes de plus de 50 ans avec maladie chronique et les personnes en bonne santé de 65 ans et plus, d’effectuer un rappel de vaccination tous les 5 ans.

Vaccins disponibles

Vaccins disponibles dans le cadre du Programme de vaccination

Le Programme de vaccination de la Fédération Wallonie-Bruxelles met gratuitement à disposition des doses de vaccin protégeant contre le pneumocoque pour les bébés.

Pour connaître l’ensemble des contre-indications, référez-vous à la notice des vaccins, disponible sur le site de l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (afmps).

La vaccination contre le pneumocoque d’une patiente enceinte à risque doit, si possible, être différée jusqu’après le premier trimestre de la grossesse.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à demander conseil à votre médecin traitant, votre pédiatre ou votre pharmacien.

Pour connaître les effets indésirables, référez-vous à la notice des vaccins, disponible sur le site de  l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (afmps).

Effets indésirables courants communs à tous les vaccins injectables

Des réactions locales telles que rougeur, gonflement, douleur à l’endroit où la piqure a été réalisée… ainsi qu’un peu de fièvre peuvent survenir chez des enfants vaccinés.

Les effets indésirables plus intenses du vaccin se limitent à une sensibilité à l’endroit où la piqure a été réalisée, chez 3% des sujets après une première vaccination et chez 11% après revaccination. Une sensation de fièvre, des douleurs musculaires et articulaires passagères sont également possibles.

Des effets secondaires graves ou systémiques sont rares. Une revaccination prématurée, à moins de 3 ans d’intervalle, peut toutefois provoquer une réaction locale sévère.

En cas d’inquiétude après une vaccination, n’hésitez pas à demander conseil à votre médecin ou votre pharmacien.