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Vaccination contre le papillomavirus humain (11-14 ans)

GENERALITES

L'infection à papillomavirus humain (HPV) est très contagieuse. Il existe plus de 100 types de HPV, dont une quarantaine peuvent provoquer des infections au niveau des organes sexuels et dans la région de l'anus.

L'infection à papillomaviris humain se transmet lors des rapports sexuels, mais aussi lors des caresses sans qu'il y ait rapport sexuel.

Dans certains cas peu fréquents (voir plus bas), une infection chronique liée à certains types de papillomavirus et non dépistée peut se transformer, après quelques années, en lésion cancéreuse. 
Dans presque 100% des cas de cancer du col de l'utérus, 13 types de virus HPV à haut risque peuvent être détectés (HPV 16, 18, 31, 33, 35, 39, 45, 51, 52, 56, 58, 59, et 68). Ces HPV à haut risque sont retrouvés dans 88% des cancers de l’anus, 70% des cancers du vagin, 50% des cancers du pénis et 43% des cancers vulvaires, ainsi que dans certains cancers de la sphère ORL (notamment les cancers de l’oropharynx).

Actuellement, il existe dans notre pays trois vaccins contre les HPV: un vaccin bivalent (HPV types 16 et 18), un vaccin quadrivalent (HPV types 16, 18, 6 et 11) et un vaccin nonavalent (HPV types 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58).

Ces vaccins protègent contre les principaux papillomavirus responsables des cancers du col de l'utérus. Mais ils ne protègent pas contre tous les virus qui peuvent provoquer ces cancers; ils n'assurent donc pas une protection totale. C'est la raison pour laquelle le dépistage du cancer du col par frottis reste essentiel.

Les vaccins bivalent (bHPV) et quadrivalent (qHPV) ont, chez les jeunes filles et les jeunes femmes qui n'ont jamais été infectées, une efficacité de 90% pour les deux types HPV (16 et 18); ces deux types représentent environ 74% des cas du cancer du col de l’utérus en Europe. Dans cette même population de jeunes filles et  jeunes femmes qui n'ont jamais été infectées, le vaccin nonavalent (9HPV) a une efficacité de 96% sur 5 types supplémentaires de HPV (31, 33,45, 52, 58) qu’il contient et il pourrait ainsi offrir une protection contre les types HPV responsables d’environ 90% des cancers du col de l’utérus.

La protection donnée par le vaccin est la meilleure lorsque la vaccination est administrée à une jeune fille n'ayant pas encore eu d'activités sexuelles, pour autant que la vaccination soit complète. 

Les vaccins sont récents. On ne connaît donc pas encore la durée de protection à long terme. Néanmoins, on sait maintenant que cette durée s'étend au minimum sur 10 - 15 années. Peut-être faudra-t-il un rappel après un délai plus long ?

Deux des 3 vaccins existants (quadrivalent et nonavalent) protègent aussi contre les verrues génitales, qui sont des lésions non cancéreuses, mais souvent assez gênantes.

 

INCIDENCE

L'infection à HPV survient chez l'homme et la femme, mais a des conséquences graves plus souvent chez la femme, mais aussi chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes.

Environ 80% des femmes seront infectées un jour par un ou plusieurs virus HPV.
La grande majorité des infections à HPV passent inaperçues et disparaissent spontanément dans les 6 à 18 mois. Dans une minorité des cas, l'infection devient chronique et peut entraîner des lésions précancéreuses au niveau du col de l'utérus. Ces lésions peuvent soit encore guérir spontanément, soit évoluer dans une minorité de cas – si elles ne sont pas dépistées et soignées – en cancer du col de l'utérus et nécessiter des traitements importants.

Le dépistage du cancer du col de l'utérus par frottis est fondamental : il est en général conseillé pour toutes les femmes de 25 à 65 ans, tous les 3 ans.

Le dépistage permet d'identifier des lésions précancéreuses. Le traitement de ces lésions permet d'éviter leur évolution en cancer.
En Belgique, grâce au dépistage, de très nombreux cancers du col de l'utérus sont évités chaque année.

 

CALENDRIER

En Fédération Wallonie - Bruxelles, la moitié des jeunes ont leurs premiers contacts sexuels avant 17 ans, dont une partie avant l'âge de 14 ans.
On sait aussi que le système immunitaire des enfants et adolescents réagit plus efficacement aux vaccins que celui des adultes: la protection est généralement meilleure et de plus longue durée.

Le Conseil Supérieur de la Santé recommande

  • la vaccination généralisée des adolescents (filles et garçons) de 9 à 14 ans inclus.
    Avant l'âge de 15 ans, un schéma en 2 doses de vaccin HPV est proposé (0, 6 mois);
  • la vaccination de rattrapage des jeunes femmes et hommes de 15 à 26 ans inclus.
    La vaccination des adolescents et des adultes de 15 à 26 ans inclus, qui n’ont pas bénéficié de la vaccination prophylactique généralisée, peut être proposée, sur base individuelle, par le médecin traitant suivant un schéma en trois doses (0,1 ou 2 et 6 mois). Le risque d’infection et de lésions dysplasiques et cancéreuses étant particulièrement accru chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, ceux-ci devraient se voir proposer cette vaccination jusqu’à 26 ans inclus;
  • la vaccination des personnes immuno-déprimées.
    Les patients transplantés et les patients vivant avec le VIH constituent un groupe à risque accru d’infection HPV persistante et de lésions dysplasiques et cancéreuses. Ils peuvent bénéficier d’une vaccination HPV selon un schéma en 3 doses à réaliser de préférence avec le vaccin nonavalent.

La Fédération Wallonie - Bruxelles offre la gratuité du vaccin aux jeunes filles de 13-14 ans ou qui fréquentent la 2ème année de l'enseignement secondaire et la 1ère D (différenciée) (voir plus bas "vaccins disponibles en Belgique").

Lorsqu'une vaccination est commencée par un vaccin (Cervarix® ou Gardasil4® ou Gardasil9®), elle doit être complétée avec le même vaccin. 

 

EFFETS INDESIRABLES

Les vaccins contre l'HPV sont généralement bien tolérés. Les données de sécurité recueillies et communiquées par l'European Center for Disease Control (ECDC) et l'Agence Européenne du Médicament sont rassurantes. 
L'effet secondaire le plus souvent rapporté est la douleur au point d'injection (près de 80% des vaccinés dans les premiers jours suivant une vaccination). Des maux de tête sont rapportés chez ± 15% des vaccinés dans les 15 jours suivant une vaccination.
Ces effets indésirables sont en général d'intensité légère ou modérée et se résolvent spontanément.
Les études disponibles montrent que l’incidence chez les jeunes filles vaccinées de deux syndromes rares, le Syndrome Douloureux Régional Complexe (SDRC) et le Syndrome de Tachycardie Orthostatique Posturale (STOP) ne différait pas de l’incidence dans la population générale.

 

CONTRE-INDICATIONS

  • Il n'y a pas de contre-indication spécifique à l'administration du vaccin contre le papillomavirus humain. 
  • Il est recommandé de postposer une grossesse jusqu'après la vaccination, par exemple par l'utilisation d'une contraception efficace jusqu'au moins un mois après l'administration de la dernière dose de vaccin. Dans le cas d'une vaccination accidentelle chez une femme enceinte, il n'y a pas lieu d'interrompre la grossesse. Il est toutefois recommandé de compléter le schéma vaccinal contre l'HPV après l'accouchement.
  • Comme pour tout vaccin, si un effet secondaire important survient après l'administration d'une dose de vaccin contre l'HPV, il constitue une contre-indication formelle à la poursuite de la vaccination par ce vaccin.

 

VACCINS DISPONIBLES EN BELGIQUE

Le Programme de vaccination de la Fédération Wallonie - Bruxelles offre un accès gratuit au vaccin contre le papillomavirus humain aux jeunes filles de 13-14 ans ou qui fréquentent la 2ème année de l'enseignement secondaire et la 1ère D (différenciée)

Pour bénéficier de cette gratuité, le vaccin doit être commandé par le médecin vaccinateur auprès de la Fédération Wallonie - Bruxelles.

Vaccin protégeant contre les HPV 16 et 18, disponible gratuitement pour les jeunes filles concernées
- Cervarix™ (GSK).

Par ailleurs, un remboursement est prévu pour les jeunes filles ayant au moins 12 ans, mais n'ayant pas encore atteint l'âge de 19 ans au moment de l'administration de la première dose du vaccin.

Vaccin bivalent contre les HPV 16 et 18
- Cervarix™ (GSK). Prix 68,86 euros - coût pour les jeunes filles ayant au moins 12 ans, mais n'ayant pas encore atteint l'âge de 19 ans au moment de l'administration de la première dose du vaccin: 11,90 euros par dose (7,90 pour le patient BIM). Contient de l'aluminium et un adjuvant.

Vaccin quadrivalent contre les HPV 6, 11, 16, 18 
- Gardasil™ (MSD). Prix 118,18 euros - coût pour les jeunes filles ayant au moins 12 ans, mais n'ayant pas encore atteint l'âge de 19 ans au moment de l'administration de la première dose du vaccin: 11,90 euros par dose (7,90 pour le patient BIM). Contient de l'aluminium et de la levure.

Vaccin nonavalent contre les HPV 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58
- Gardasil9™ (MSD). Prix 134,45 euros - coût pour les jeunes filles ayant au moins 12 ans, mais n'ayant pas encore atteint l'âge de 19 ans au moment de l'administration de la première dose du vaccin: 11,90 euros par dose (7,90 pour le patient BIM). Contient de l'aluminium et de la levure.

Pour consulter la notice d'un vaccin, consultez le site de l'Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé.

Vous pouvez aussi lire l'article du site mongeneraliste "Papillomavirus (HPV): vacciner les jeunes filles?"

Mis à jour le 15/12/2017

- Conseil supérieur de la santé. Vaccination contre les infections causées par le papillomavirus humain. Bruxelles: CSS; 2017. Avis n° 9181.
- Répertoire commenté des médicaments. Chapitre "vaccins". www.cbip.be 

Guide de vaccination. Conseil Supérieur de la Santé. Pour consulter les fiches actualisées. 
Introduction of HPV vaccines in European Union countries - an update. ECDC Guidance.