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Histoire de la vaccination

XVIIe siècle

Les premiers exemples d'immunisation (protection contre une maladie) concernent la variole (ou 'petite vérole').
Connue depuis l'Antiquité, cette maladie refait surface au XVIIe siècle sous forme d'épidémies qui font à chaque fois des milliers de victimes.
Pour s'en prémunir, différentes techniques sont développées : dépôt de pus ou squames varioliques sur la muqueuse nasale des enfants (en Chine notamment), administration en sous-cutané d'un exsudat de plaie (liquide suintant) prélevé chez un patient présentant une forme bénigne de variole (en Perse, dans le Caucase et dans certaines régions d'Afrique), inoculation intradermique de pus variolique desséché (dans l'Empire Ottoman puis en Europe)...
L'objectif poursuivi à l'époque est de provoquer le développement d'une infection bénigne chez l'individu "inoculé", afin de lui procurer une protection à vie contre la variole.

 

XVIIIe siècle

La découverte la plus importante est probablement celle d'un médecin de campagne anglais, Edward Jenner (1749-1823). Il constate que les fermières, en contact régulier avec le virus de la variole bovine, la vaccine (du latin 'vacca', vache), ne contractent jamais la variole. Se basant sur cette observation, il poursuit ses expérimentations et prouve, en 1796, que le pus de la vaccine introduit par scarification (incision superficielle de la peau) dans l'organisme humain le protège de la variole.
Si la technique n'est probablement pas neuve, le principe est fondamental : Jenner énonce le principe de l'atténuation des germes par passage d'une espèce animale à une autre. La vaccination est née. Elle connaît un succès retentissant en Europe continentale avec l'organisation de grandes campagnes de vaccination.

 

XIXe siècle

En 1877, le Français Louis Pasteur (1822-1895), Docteur en Sciences, commence ses travaux sur le rôle des microbes dans la survenue des maladies infectieuses et démontre que le choléra des poules est bien une maladie contagieuse provoquée par une bactérie.
N'étant ni médecin ni vétérinaire, il devra se battre pour faire admettre aux membres de l'Académie de Médecine de Paris, en 1878, sa théorie des germes et ses applications à la médecine et à la chirurgie.
Pasteur isole le staphylocoque (1878) et le streptocoque (1879). Ses travaux bouleversent le diagnostic et le pronostic des maladies contagieuses qui relèvent toutes désormais d'une cause identifiable.

En 1879, il reprend ses études sur la bactérie du choléra des poules. Trouvant dans son laboratoire de vieilles cultures de cette bactérie, il les inocule à des poules et constate qu'elles tombent malades mais ne meurent pas, même après inoculation de germes 'frais'. Pasteur vient de créer un vaccin atténué 'artificiel', contrairement à celui de Jenner. En son honneur, il invente le terme "vaccin".

En 1881, Pasteur énonce le principe de la vaccination : "des virus affaiblis ayant le caractère de ne jamais tuer, de donner une maladie bénigne qui préserve de la maladie mortelle". Il peut désormais débuter ses recherches sur la vaccination humaine.

En 1881, Pasteur parvient à isoler, purifier et inactiver la souche de l'agent contagieux de la rage, à partir de cerveaux d'animaux morts de cette maladie. En 1885, il prépare avec succès le premier vaccin humain à virulence atténuée contre la rage. Une commission d'enquête internationale confirme l'efficacité du vaccin antirabique provoquant un afflux mondial de candidats à la vaccination.

Louis Pasteur fonde autour de lui une véritable école de pensée scientifique. Il forme des chercheurs en infectiologie, immunologie, parasitologie, génétique et dans de nombreuses autres spécialités biologiques. L'Institut Pasteur est fondé en France en1888, avec une vingtaine d'implantations en Europe et en Outre-Mer.

 

XXe et XXIe siècles

Les "pastoriens" continuent l'œuvre du maître et mettent notamment au point le vaccin BCG contre la tuberculose (1921), le vaccin contre la diphtérie et le tétanos (1923-1924), un vaccin contre la fièvre jaune (1927) et un vaccin contre la poliomyélite (1954).

Certains pays appliquant une politique de vaccination systématique, le débat entre partisans de la liberté vaccinale et tenants d'une protection vaccinale maximale de la population est lancé. Il reste toujours d'actualité.

En 1958, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) décide de vacciner contre la variole toutes les populations vivant en pays d'endémie. Dans les années qui suivent, le programme est renforcé et favorise la production locale des vaccins. L'OMS annonce l'éradication mondiale de la variole en 1976.

Depuis le milieu des années 90, des progrès immenses ont été accomplis dans le domaine de la vaccination dans le monde, notamment l'éradication presque totale de la poliomyélite (l'OMS prévoit dans les prochaines années l'éradication mondiale de la poliomyélite) ainsi qu'une réduction considérable de l'incidence de la rougeole et du tétanos maternel et néonatal dans certains pays à très faible revenu.
Pour fin 2015, l'OMS s'est fixé l'objectif d'éliminer la rougeole de la région européenne.

Des avancées ont également été obtenues dans la création et l'introduction de nouveaux vaccins.

Malheureusement, la vaccination systématique de l'ensemble des populations a baissé dans certains des pays les plus pauvres et les nouveaux vaccins restent hors de portée de nombreux enfants qui en ont particulièrement besoin (notamment en Afrique subsaharienne et en Europe centrale et orientale...).

Face à ces inégalités croissantes en matière de vaccination, de nouveaux partenariats internationaux se forment.

Parmi eux, l'Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI), lancée au début 2000. Une coalition unique d'organisations publiques et privées dont l'objectif est d'améliorer la couverture vaccinale au moyen de vaccins nouveaux et existants et d'accélérer la recherche et le développement de vaccins prioritaires pouvant être utilisés principalement dans les pays en développement. GAVI intervient par l'intermédiaire d'un nouveau dispositif de financement, le Fonds mondial pour les vaccins. Les partenaires de GAVI estiment que ces investissements contribueront à accroître le taux de vaccination de base dans les pays bénéficiaires.

Mis à jour le 15/04/2015