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Le pneumocoque, tous les 3 à 7 ans La cause la plus fréquente de pneumonie, surtout chez les personnes âgées, est un microbe qui s’appelle le pneumocoque. Présent à certains moments dans le fond de notre gorge, il peut causer des infections des voies respiratoires supérieures (la gorge, les oreilles et les sinus) ou inférieures (les bronches et les poumons). « Chez une personne âgée de plus de 60 ans, le pneumocoque peut provoquer plus souvent des pneumonies et de manière plus grave », indique le Dr Van Laethem qui rappelle que la pneumonie est une véritable infection du poumon et n’est pas à confondre avec la bronchite (inflammation des bronches), fréquente en hiver. Avec de fortes fièvres, une difficulté respiratoire et des douleurs dans le thorax, la pneumonie est plus grave en conséquences. Une fois le microbe installé dans le poumon, il peut passer dans le sang et donner lieu à une septicémie à pneumocoque (infection généralisée) qui peut s’avérer mortelle. « Plus fréquente et plus grave, elle est donc doublement importante à prévenir chez les personnes âgées », insiste-t-il. La pneumonie est traitée par antibiotiques. Malheureusement, le pneumocoque est devenu résistant à certains d’entre eux. « C’est une autre raison pour essayer de prévenir les infections à pneumocoque par l’intermédiaire d’un vaccin qui va agir avant que le microbe ne s’installe dans l’organisme et ne donne la maladie », souligne Yves Van Laethem. Actuellement, le vaccin contre le pneumocoque destiné aux adultes protège pendant une période variant entre trois ans et sept ans, selon l’intensité des moyens de défense de l’individu vacciné. Même si, globalement parlant, le taux d’efficacité de ce vaccin chez les personnes de plus de 60 ans est évalué à environ 60%, « c’est une protection bien prouvée contre la septicémie et rien que pour diminuer la mortalité liée au passage du microbe dans le sang, il justifie tout à fait son emploi », estime notre spécialiste. Par ailleurs, les recherches portent actuellement sur un nouveau vaccin, qui serait une modification du vaccin contre le pneumocoque actuellement commercialisé pour les enfants. Un vaccin ‘conjugué’ qui possède la propriété de mieux stimuler les moyens de défense de l’organisme, permettant ainsi d’avoir une réponse plus franche, plus importante et surtout plus durable dans le temps, explique le Dr Van Laethem. « Il est censé protéger pendant de très nombreuses années, et peut-être à vie sans que ceci ne soit encore démontré actuellement. Ce vaccin conjugué, adéquat pour l’adulte, n’existe encore nulle part dans le monde. Les recherches sont en cours. Il ne faut pas l’espérer avant au moins cinq à sept ans sauf surprise, mais c’est certainement dans cette direction-là que l’espoir réside. »
Les virus de la grippe (Influenza) existent dans le monde entier. Dans nos pays tempérés, ils ne sévissent que durant les mois froids, de novembre à février-mars, parce que l’organisme est partiellement fragilisé et que les transmissions en sont facilitées. Par contre, dans les pays en voie de développement, le virus de la grippe circule pendant toute l’année. Ce sont des virus en perpétuelle mutation. Des souches différentes apparaissent chaque année. C’est pourquoi un nouveau vaccin est mis au point avant chaque hiver. « Ces vaccins protègent contre la véritable grippe », tient à rappeler le Dr Van Laethem. « Ils ne protègent absolument pas contre les affections virales banales (comme le rhume) que nous allons tous faire durant l’hiver à plusieurs reprises, et qui sont dues à des virus différents pour lesquels aucun vaccin n’existe. » Le taux de protection du vaccin contre la grippe varie en fonction de l’état de santé et de l’âge de l’individu vacciné : de 70 à 80% chez une personne jeune et en bonne santé, de 60 à 70% chez les personnes de 65-70 ans et, dans certaines circonstances, de moins de 50% chez les personnes particulièrement âgées ou atteintes de plusieurs autres maladies. « Il n’empêche que le vaccin contre la grippe est celui qui a le mieux prouvé son efficacité et son pouvoir protecteur pour les adultes en tout cas », affirme le Dr Van Laethem. « C’est un des rares vaccins à avoir montré clairement un gain net en vies humaines. » Car la grippe n’est pas une maladie banale; elle peut avoir des conséquences graves voire mortelles chez les sujets à risque de complication comme les personnes âgées et les malades chroniques. Déjà fragilisés par la grippe, ils risquent une aggravation de la maladie préexistante ou le développement d’une pneumonie. « Quand on a la grippe, l’infection est généralisée mais atteint entre autres très fort le poumon. C’est pour ça que la toux fait partie des symptômes importants de la grippe en même temps que les frissons, la sensation d’avoir mal partout et les fortes fièvres », précise notre spécialiste. « C’est un virus et ce virus va abîmer les cellules du poumon à différents endroits et donc fragiliser les moyens de défense du poumon. Si, en plus du virus de la grippe, un microbe atteint le poumon - et le plus fréquent est le pneumocoque, il va pouvoir se multiplier et stagner plus longtemps dans le poumon, facilitant l’infection. C’est pourquoi quelqu’un qui fait une infection grippale a plus de chance d’attraper une pneumonie, essentiellement à pneumocoque. Et comme ce sont justement les personnes âgées qui font les plus grosses grippes, et que ce sont elles qui ont le plus d’ennuis avec le pneumocoque, on comprend mieux l’importance à cet âge d’une vaccination contre la grippe. » Pour le Dr Van Laethem, l’avenir passe par la vaccination des enfants contre la grippe et le développement d’une vaccination par voie nasale. « Les enfants font la grippe beaucoup plus souvent qu’on ne le pense et ils sont aussi un foyer de transmission vers les personnes âgées notamment. Pour vacciner les enfants, une vaccination par voie nasale, actuellement en cours de développement, est hautement souhaitable. » Reste à voir si elle sera souhaitée par nos autorités…
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