La vaccination se fait oublier avec l’âge. Consciente de cette réalité, la nouvelle ministre de la Santé en Communauté française, Catherine Fonck, propose des solutions de fonds…
« Grâce aux instruments formidables que sont l’Office de la Naissance et de l’Enfance (ONE) et les services de Promotion de la Santé à l’Ecole (PSE) qui permettent de toucher tous les enfants à plusieurs moments de leur vie, jusque et y compris 17-18 ans, l’enfance bénéficie aujourd’hui d’une bonne couverture vaccinale qui devrait porter ses fruits dans les cinquante prochaines années », estime la nouvelle ministre de la Santé en Communauté française, le Dr Catherine Fonck.
Elle constate cependant dans la population adulte, un « échappement de la vaccination au fil de la vie, par rapport à des vaccins qui sont essentiels, tels que le tétanos, la diphtérie, le pneumocoque et la grippe ». « Est-ce dû au fait qu’on ne passe pas tous par le même type d’instrument que peut être le médecin par exemple ou au fait que les efforts qu’on a fait pour l’enfance au niveau de la vaccination n’ont pas encore pu porter leurs fruits sur les personnes qui ont aujourd’hui 40, 50 ou 60 ans… ? », la question reste posée mais justifie en tout cas, aux yeux de la ministre, de faire de la vaccination des plus âgés, « une priorité politique et de santé publique ».
Une consultation préventive gratuite
Une piste intéressante, selon Catherine Fonck, serait d’inclure la vaccination des adultes dans le Dossier Médical Global (DMG) du médecin traitant. « Ce serait une mission confiée au médecin traitant, ce qui permettrait d’accentuer la prise de conscience par rapport aux vaccins chez la personne âgée ». « C’est une hypothèse de travail », insiste la ministre qui rappelle que le DMG n’est pas de sa compétence mais bien de celle du fédéral. « Cela doit se négocier, se discuter avec le ministre fédéral de la Santé et tous les acteurs du secteur ».
Plus avant dans sa réflexion, Catherine Fonck imagine l’introduction d’une véritable « consultation de prévention » annuelle, qui permettrait au médecin d’aborder avec son patient des questions telles que l’hygiène de vie, la prévention cardiovasculaire et bien sûr, la vaccination. La consultation serait gratuite pour le patient à partir de 40 ou 50 ans, afin de le stimuler à s’y rendre effectivement au moins une fois par an, et remboursée au médecin dans le cadre du DMG. « Si on fait ça et que c’est bien fait, c’est une piste de travail dont on peut sortir gagnant à long terme, grâce au gain budgétaire obtenu au niveau curatif », affirme Catherine Fonck. Une meilleure prévention des maladies ayant un impact négatif sur la santé publique devrait en effet diminuer les taux de mortalité et de morbidité et donc réduire les coûts qui y sont liés.
Le personnel soignant en point de mire
En matière de vaccination contre l’Influenza (le virus de la grippe), « une attention particulière devra être portée au niveau du personnel soignant », indique Catherine Fonck, « que ce soit au niveau hospitalier, au sein des maisons de repos ou dans les maisons de repos et de soins ». Les professionnels de santé fréquemment en contact avec des personnes à risque sont en effet une source importante de contamination par le virus Influenza. Or ils sont encore peu nombreux à être vaccinés. Selon une étude pilote menée auprès de 1097 travailleurs de santé (personnel soignant et personnel administratif) dans 21 maisons de repos des régions de Malines et de Turnhout, 78,1% d’entre eux n’étaient pas vaccinés durant l’hiver 2001-2002…
Cette responsabilité dans la transmission du virus de la grippe doit être rappelée, chaque année, au personnel de santé, indique la ministre.
Questions de gros sous…