Vacciner contre le rotavirus ?

La vaccination des nourrissons contre le rotavirus est désormais recommandée par les autorités scientifiques de notre pays. En outre, les deux vaccins disponibles sont maintenant remboursés par l'INAMI. Cette nouvelle vaccination entre donc en 2007 dans le calendrier vaccinal de base des enfants.

Le rotavirus est, comme son nom le laisse supposer, un virus. C’est l’agent infectieux le plus souvent responsable des diarrhées aiguës du nourrisson et du jeune enfant. Le rotavirus est extrêmement contagieux. Les mains contaminées par les selles sont le vecteur de contamination le plus courant. Le virus se transmet aussi par le partage de jouets et de boissons entre jeunes enfants. En présence d’un enfant malade, on estime qu’une diarrhée survient chez ± 3⁄4 des contacts familiaux âgés de moins de 3 ans et chez ± 1⁄4 de ceux âgés de 18 ans et plus !  Le virus peut être présent dans les selles des enfants infectés déjà 4 jours avant l’installation des symptômes ; il peut rester présent pendant plusieurs semaines. Le virus est résistant et survit plusieurs jours sur une surface solide et plusieurs heures sur la peau.

L’amélioration du niveau de vie et d’hygiène ne permet pas un contrôle de la transmission de la maladie. Ainsi, la fréquence de l’infection à rotavirus est similaire dans les pays en développement et dans les pays industrialisés. On estime qu’à l’âge de 4-5 ans, pratiquement tous les enfants ont présenté un épisode de gastroentérite à rotavirus.

Dans les pays industrialisés, l’infection arrive le plus souvent entre les âges de 6 et de 24 mois et en hiver (de janvier à mars). Les complications habituelles sont les déshydratations et les hospitalisations. En Belgique, chaque année, plus de 6000 enfants seraient hospitalisés en raison d’une gastroentérite à rotavirus.
Les gastroentérites à rotavirus entraînent fréquemment un absentéisme parental, avec une prise de congé de 1 à 5 jours.
Ces coûts indirects couplés aux coûts des traitements et hospitalisations sont importants pour la société.

Mais en Europe, les gastroentérites à rotavirus n’entraînent, heureusement, que très rarement le décès d’un enfant.

Par contre, pour les pays en voie de développement, l’Organisation Mondiale de la Santé évalue à plus de 1000 les décès quotidiens d’enfants âgés de moins de 5 ans, infectés par le rotavirus. C’est surtout le cas en Afrique subsaharienne, en Amérique latine et dans la péninsule indienne.

Que se passe-t-il chez un enfant infecté ?

Les rotavirus infectent les cellules du duodénum et de l’intestin grêle. La conséquence est une sécrétion d’eau et de sels minéraux, qui constitue les diarrhées. Celles-ci sont précédées ou accompagnées généralement de vomissements et de fièvre. Chez un enfant en bon état, l’évolution de la diarrhée est limitée dans le temps et l’évolution généralement favorable. Le risque est l’apparition d’une déshydratation majeure mettant en jeu la vie de l’enfant. Une surveillance attentive est donc indispensable : il faut donner régulièrement à l’enfant des boissons, en quantité abondante. Cette réhydratation rapide et intensive doit se faire à l’aide de solutions orales adaptées, en vente en pharmacie. Une réhydratation par voie intraveineuse est parfois nécessaire.
On estime qu’après deux infections naturelles à rotavirus, 75 % des enfants sont protégés contre une infection légère et 100 % contre une infection sévère.

La vaccination

L’objectif prioritaire d’un vaccin contre le rotavirus est de donner une protection contre les formes sévères de gastro-entérite liées à ce virus. Deux vaccins ont été mis au point. Ils protègent les enfants vis-à-vis de toutes les infections à rotavirus, et principalement contre les infections graves.
Les études ont montré qu’ils sont sûrs et bien tolérés. Une attention particulière a été portée à l’incidence d’intussusception, qui n’est pas augmentée chez les enfants vaccinés.
On peut considérer que les deux vaccins ont des caractéristiques d’efficacité et de sécurité proches.
Le Conseil Supérieur d’Hygiène émet des avis sur les vaccinations en Belgique. Il a récemment étudié la place de la vaccination contre le rotavirus dans notre pays. Les scientifiques qui composent ce Conseil recommandent que la vaccination soit faite à tous les nourrissons. L’INAMI rembourse le vaccin.

 En pratique

Le schéma de vaccination recommandé est une administration orale soit de 2 doses aux âges de 2 et 3 mois pour un des deux vaccins disponibles, soit de 3 doses aux âges de 2, 3 et 4 mois pour l'autre vaccin. Conformément à la notice, la vaccination doit être réalisée avant l’âge de 6 mois. Aucune dose ne sera donnée après cet âge.

Le vaccin peut être administré en même temps que les autres vaccins du calendrier vaccinal recommandé : l’hexavalent contre la diphtérie, le tétanos, le Pertussis, la poliomyélite, l’Hib et l’hépatite B) ainsi qu’avec le vaccin heptavalent contre le pneumocoque. Ceci ne réduit pas l’efficacité et n’augmente pas les réactions aux vaccins. 
Les contre-indications dont il faut tenir compte sont principalement l’hypersensibilité à un des constituants, une réaction lors d’une administration antérieure d’un vaccin contre le rotavirus, des antécédents d’intussusception ou la présence de malformations du tractus gastro-intestinal y prédisposant, l’immunodéficience connue ou suspectée, la séropositivité HIV (virus responsable du sida).
La vaccination sera post-posée chez les enfants présentant une affection sévère fébrile et en présence de diarrhées ou de vomissements. En cas de régurgitation après l’administration du vaccin, une nouvelle dose peut être administrée.

Voir aussi "Les rotavirus", "Vaccination contre le rotavirus chez l'enfant".

MàJ: 15/10/2007