La vaccination des professionnels de la santé

1. Pourquoi la vaccination est-elle recommandée aux professionnels de la santé ?
2. Quels professionnels sont-ils concernés ?
3. Quelques références scientifiques
4. Points de vue et témoignages / journal & vidéos
5. Affiche de la campagne

L’automne est là, et avec lui réapparaissent les messages d’encouragements à la vaccination contre la grippe saisonnière. Impression de déjà vu ? Et pourtant, on pourrait qualifier la grippe de grande méconnue…

Ses complications, fréquemment des surinfections bactériennes telles que des bronchites et pneumonies, peuvent être graves pour les plus fragiles d’entre nous. Plus rares, des pneumonies virales surviennent dans le décours de l'infection; elles furent la principale cause de mortalité chez les jeunes gens lors de l'épidémie de grippe espagnole de 1918-1919. La grippe peut également être à l'origine d'une dégradation des affections chroniques sous-jacentes (diabète, décompensation cardiaque, insuffisance rénale).
La mortalité peut être importante lors d’épidémies de grippe saisonnière; ainsi, en Belgique, on a dénombré 4900 décès attribuables à la grippe en 1989, 848 en 1993-1994. Lors de pandémies, c’est en centaines de milliers, voire en millions que l’on compte les victimes : 10-30 millions en 1918-1919 (H1N1), 1-2 millions en 1957-1958 (H2N2), 800.000 en 1968-1969 (H3N2).

Très contagieuse…

La transmission se fait essentiellement par les voies aériennes, lors de la toux, ou d'un éternuement, mais aussi en parlant, par le biais de minuscules particules de salive (aérosol) qui peuvent être dispersées jusqu'à 2 mètres. Mouchoirs et mains contaminées sont également des vecteurs du virus, dont la survie dans l'environnement est de respectivement 24 à 48h sur du matériel non poreux, de 8 à 12h sur du tissu ou du papier et d’environ 5 min sur les mains. Lors d’une épidémie, le taux d'attaque est de 1 à 15% chez les adultes, atteint 30% chez les enfants et monte jusqu'à 40 voire 90% dans les communautés fermées telles les maisons de repos ou camps militaires.

…et invalidante

Comparativement aux infections à adénovirus, plus progressives, la grippe se présente de façon brutale : fièvre, céphalées, douleurs musculaires, malaise général, douleurs articulaires, signes respiratoires (toux, mal de gorge, congestion nasale, sinusite et otalgie...) constituent un cortège de symptômes tellement pénibles que l’alitement semble la règle. L'évolution clinique se fait sur plus ou moins une semaine.

Se protéger

Le but premier du vaccin contre la grippe est de diminuer le taux de mortalité et de morbidité liés à la grippe.
Une réévaluation annuelle du vaccin est nécessaire en raison de l'émergence de nouveaux variants viraux. Sur base des données épidémiologiques recueillies dans 83 pays, on sélectionne 3 souches, considérées comme les plus virulentes, qui devraient circuler 6 à 9 mois plus tard. L’efficacité du vaccin est essentiellement liée d'une part à l'âge et l'immunocompétence du vacciné et d'autre part, au degré de concordance entre les virus vaccinaux et les virus circulant. On estime que la vaccination diminue de 70% au moins les infections (grippe clinique) chez les jeunes et de 50% chez les personnes âgées; mais ce qui est surtout significatif, c’est la diminution des infections respiratoires (près de 60%), des hospitalisations (± 50%) et des décès liés à la grippe (près de 70%).
Les groupes cibles à vacciner sont définis annuellement par le Conseil Supérieur de la Santé (cf. avis du 01 septembre 2010
PDF 0 Ko). Ils reprennent principalement les personnes à risque de complications (toutes les personnes âgées de 65 ans et plus et toutes les personnes, quelque soit leur âge, atteintes d’une maladie chronique), mais également les travailleurs de santé.

Tordre le cou aux rumeurs

Le vaccin ne peut pas donner la grippe en raison de sa constitution (composants inertes). Mais étant administré dans une période (de septembre à novembre) où surviennent de nombreuses infections à adénovirus, les patients présentent des tableaux cliniques d'infections respiratoires hautes et basses... sans aucun rapport avec une éventuelle grippe. L'immunité induite par le vaccin se développe endéans les 2 semaines; elle diminue progressivement dans les mois qui suivent. La persistance des anticorps induits par le vaccin est de minimum 2 à 3 ans et il y a un renforcement de l'efficacité vaccinale en cas de vaccinations annuelles successives.

Le vaccin contre la grippe en pratique

  • Les mois d’octobre et novembre constituent la période optimale pour la vaccination.
  • L’injection se fait en intramusculaire, dans le muscle deltoïdien de l’épaule chez l’adulte; chez le petit enfant, lorsque le vaccin est indiqué, l’injection se fait dans la face antérolatérale de la cuisse. La voie sous-cutanée est responsable de réactions locales plus importantes.
  • Les effets secondaires rencontrés sont principalement :
    • une réaction locale au site d'injection, généralement peu gênante;
    • une réaction générale (<15%) comprenant des douleurs musculaires et des maux de tête légers, parfois un peu de fièvre. Il ne s’agit pas d’une grippe puisque le vaccin est tué et ne peut induire une virémie et une infection.
  • La contre-indication principale (rare) au vaccin de la grippe est l'allergie aux oeufs.

MàJ: 09/2010

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