Conserver les vaccins sans réfrigérateur

10/11/2004

Une nouvelle technique de conservation des vaccins pourrait révolutionner l’accès à la vaccination dans les pays les plus pauvres.

Pour garder actives toutes ses propriétés, un vaccin doit être conservé au réfrigérateur. Mais dans les pays en voie de développement, le maintien de la chaîne du froid pose problème et limite dès lors les possibilités de vaccination pour des millions d’enfants.

Pour pallier cet inconvénient de taille, l’entreprise britannique Cambridge Biostability vient d’annoncer la mise au point d’une nouvelle méthode dite de « liquide stable », en s’inspirant du processus permettant la survie des plantes des zones désertiques en période de sécheresse. Les molécules du vaccin sont d’abord déshydratées puis enrobées d’une couche protectrice de sucres, ce qui permet de stabiliser le vaccin et de le rendre résistant à la chaleur (jusqu’à 60°), sans qu’il soit nécessaire de le réfrigérer. Cette technique met en œuvre un sucre inhabituel mais simple qui, lorsqu’il sèche, a la propriété de se transformer en sirop épais au lieu de cristalliser, explique le directeur scientifique de la société, Bruce Roser. « Les vaccins sont placés dans une solution de sirop. Puis le sirop devient de plus en plus visqueux à mesure que nous le séchons, jusqu’à ce qu’il se vitrifie imperceptiblement. C’est très similaire aux insectes fossilisés piégés dans l’ambre, qui sont préservés pour des millions d’années ». Seule pierre d’achoppement, la méthode fait appel à une substance chimique (le perfluorocarbone liquide) nocive pour la couche d’ozone. Il faudra donc lui trouver un remplaçant.

Ces travaux ont éveillé l’intérêt de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et du gouvernement britannique, lequel a attribué 1,4 million d’euros à la société pour l’aider à préparer des essais cliniques sur les humains. La société a déjà passé un accord avec un laboratoire indien afin de développer un penta vaccin permettant, en une seule injection, de protéger les enfants contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l’Haemophilus influenzae de type b et l’hépatite B. Restera alors à vérifier l’innocuité et l’efficacité de ce vaccin par des essais cliniques longs et coûteux mais indispensables.